
Grand amateur de torture de cerveau, masturbation intellectuelle et questions existentielles en tout genre, l'une des dernières en date était :
Est-il sain d'avoir de l'ambition démesurée ?Avoir des rêves est nécessaire, mais rêver de choses impossibles à atteindre, toujours viser mieux, plus haut, en sachant qu'on ne pourra sans doute jamais y parvenir, est-ce là une tendance
masochiste ?
J'ai douté pendant longtemps. Bien sûr viser haut permet, même si on n'arrive pas au sommet, de se raccrocher aux branches ensuite et de finir à une bonne place. Mais ca veut dire aussi ne jamais être satisfait de sa situation, vivre constamment dans l'attente de mieux. Viser les sommets, c'est choisir de vivre définitivement dans le provisoire. J'en étais là dans mes réflexions, moyennement satisfait de cette conclusion, mais déjà décidé à revoir mes objectifs à la baisse, lorsque je décidai de laisser de coté ma logique pour regarder autour de moi. Etudier le cas de certaines personnes de mon entourage, proches ou vagues connaissances, qui étaient arrivés comme moi à la même conclusion (ou peut-être ne s'étaient jamais posé la question).
Que découvris-je ?
Des vies insipides, classiques. Des êtres noyés dans la masse. Un métier, qui leur plaît, du moins ils tentent de s'en convaincre. "
Et puis, les entends-je,
mon métier ca n'est pas ma vie". Une passion. Une seule. Ils respectent le vieil adage populaire selon lequel il vaut mieux se perfectionner dans une discipline plutôt que mal faire plusieurs choses. Une passion débordante donc, plus quelques petits à-cotés, d'autres centres d'intérêt moins développés, par manque de temps, disent-ils (contredisant alors l'adage populaire utilisé comme argument plus haut). Un parcours scolaire tantôt parfait, petit élève modèle, tantôt médiocre, mais toujours avec des objectifs moyens. Profs, ingénieurs, travailleurs à la chaîne... Finalement c'est peut-être ca la
France d'en bas. Pas une question de classes sociales, comme ont voulu nous le faire croire tous ces bobos de gauche, mais simplement un état d'esprit, une vision des choses.
Ils savent ce qu'ils veulent, ils ont leur conception du bonheur, et ne voudraient y revenir pour rien au monde, de peur de trouver une couille dans le potage. Une femme, un mari, des enfants. A 20 ans, leurs grands principes de vie, leurs grandes lignes directrices déjà finalisées. Mais comment peuvent-ils déjà avoir leur vision des choses alors qu'ils n'ont encore rien vu de la vie ? A 20 ans, ils ont déjà leur vie toute tracée, déjà écrite. A quoi bon la vivre, puisqu'on la connaît avant même de l'avoir vécue ?
Sont-ils heureux ? Oui, sûrement. Serais-je heureux avec cette vie-là ? Oui, sûrement, pendant un temps. Mais, comme la plupart d'entre eux, je me réveillerais un beau matin, à l'aube de la vieillesse, lorsque les dés sont définitivement jetés et que les années qui nous restent à vivre ne sont plus que les conséquences de nos choix passés, avec cette série de questions désespérément simples : Qu'ai-je fait de ma vie ? Me suis-je donné les moyens ? Aurais-je pu faire mieux ? Avec le recul, aurais-je pu être plus heureux autrement ?
Et je réalisai que les réponses que je donnerais à ces questions me pousseraient sans doute au suicide.
Alors j'ai ressorti mes ambitions démesurées, mes rêves irréalisables, ma curiosité insupportable, et je suis reparti en quête d'une vie qui me conviendrait. Une vie non tracée, évoluant au grès des opportunités, sans grandes lignes directrices. Aujourd'hui, mon seul objectif précis et réalisable est que la personne que je serai dans 50 ans n'ait pas envie de cracher sur la personne que je suis maintenant. Pour le reste, c'est disproportionné, inatteignable et c'est très bien ainsi. Comme disait l'autre,
les deux choses les pires qui puissent arriver à un homme, c'est de réaliser ses objectifs, et de ne pas les réaliser.
A toutes les personnes qui se sont reconnues dans ma définition de la France d'en bas, je vous souhaite sincèrement, de tout mon coeur, d'être heureux. Mais surtout, surtout, SURTOUT...
ne vous retournez pas.
Et dire qu'on me la sort tout le temps celle là!
Qu'entendez-vous par "du monde qui m'écoute" ? Parlez-vous du taux d'audience de mon blog ? Ou de ce point particulier sur les ambitions ? Remarquez, pour les deux la réponse serait mitigée... Je me complais dans le moyennisme intégral. Certains adhèrent, d'autres conspuent. Ainsi va la vie...
Au plaisir de vous lire et relire, encore et encore, chez vous ou chez moi, où vous serez toujours la bienvenue.
Mais non je ne parlais pas de votre taux d'audience sur votre blog mais plutôt de la vie en général ! Quand on est du genre à mettre des gros coups de pied au cul et d'essayer d'éveiller tout ce petit monde là à autre chose qu'une vie plate et sans frissons...
Sinon sachez (désolée je tutoie vite, c'est l'Internet qui fait ça je pense) que si je barre la route aux commentaires c'est parce qu'ayant eu déjà une regrettable expérience d'un blog dans une vie antérieure, je me retrouvais avec des femmes au foyer mornes me balançant des sempiternels commentaires fadouilles, ou alors avec des trolls me menaçant de mort entre autres joyeusetés. Mais je constate que sur le vôtre les commentaires sont plutôt à votre image avec une joyeuse équipée. Vous devez les filtrer !!!!
Congés...
Cesser d'écrire oblige à vivre. C'est ce que j'ai fait. Maintenant, je reprends un peu, de temps en temps, à mes humeurs. Merci quand même pour ce commentaire, ca fait plaisir !
J'espère sincèrement pouvoir découvrir bientôt de nouveaux articles politiquement incorrect mais tellement vrai, au style piquant, bref, un vrai rayon de bonheur... Bonne chance à toi, ne gâche pas ton talent ;)
J'aime quand des femmes dont le prénom finit en "ie" m'encourragent me disent de continuer, que j'ai du talent, que je suis un rayon de bonheur.
Je résiste à la facilité de lancer la célèbre vanne du "c'est habituel mais quand même ca fait plaisir".
Mais pas à celle de bomber mentalement le torse en m'imaginant ravager une pauvrette qui me dirait toutes ces choses le nez dans l'oreiller...
Cher Coralie, votre commentaire m'a mis en érection en cette belle matinée. Un plaisir exquis dont je vous remercie.
J'attend vos nouveaux articles mon cher :p. Votre retour pour un article, était-ce une manière de nous faire saliver salement pour repartir en vadrouille, content de ce petit effet? Pourquoi se contenter de si peu :p... A bon entendeur...